LA POPULATION REUNIONNAISE

La Réunion compte 780000 habitants, soit une densité de 310 habitants/km².

Déserte à sa découverte, au XVIIème siècle, l’Ile a vu se succéder depuis des flux d’immigration venant de diverses régions du monde, qui ont conduit au peuplement actuel, très varié et très métissé.

Au cours des premières décennies, les colons français ont constitué la souche initiale. Au début du XVIIIème siècle, l’importation d’esclaves noirs, venant  principalement du sud-est africain et de Madagascar, constitua un important apport ethnique, les esclaves étant numériquement huit fois plus nombreux que les blancs à la fin du XVIIIème siècle. Aujourd’hui, cette population d’origine africaine et malgache, les « cafres » pour utiliser l’expression locale, est fortement métissée avec la souche blanche et représente 35 % de la population.

La population blanche, d’origine européenne représente 25% de l’ensemble. S’y ajoutent 5% de résidents métropolitains, les « zoreils ».

Après l’abolition de l’esclavage, en 1848, on enregistra l’arrivée massive d’engagés indiens, salariés venus remplacer la main d’œuvre cafre. Cette population, d’origine tamoul, de religion hindouiste, représente 25 % du peuplement actuel. Les réunionnais les appellent « malbars », en référence à leur origine géographique (la côte des Malabars, en Inde).

Les chinois, venus à la même époque que les malbars, représentent 4% de la population.

A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, on vit arriver des indiens de confession musulmane. On les nomme « zarabs ». Il représentent 3 % de la population.

S’ajoutent encore à cet éventail de races et de religions des comoriens et d’autres originaires de diverses rives de l’Océan Indien.

Mais, répétons le, le métissage a fortement transformé les caractéristiques physiques des souches originelles, et de nos jours tend à se généraliser un « type créole », des hommes et des femmes à la peau plus ou moins claire, avec parfois des associations étonnantes de peau foncée et d’yeux bleus, des créoles aux yeux bridés, cette diversité se rencontrant même au sein d’une même fratrie. 

 

La diversité se retrouve dans le domaine de la pratique religieuse. Les catholiques sont certes majoritaires, mais les protestants sont en proportion plus forte qu’en métropole. Les « zarabs » sont musulmans, les habitants d’origine tamoul, curieusement, adoptent souvent simultanément les rites hindouistes et catholiques ! Le paysage réunionnais s’orne d’églises, de temples hindouistes aux façades vivement colorées et ornées de fresques et de sculptures, de mosquées d’où le muezzin appelle plusieurs fois par jour à la prière du haut du minaret.

La période esclavagiste avait créé un fort antagonisme entre blancs et noirs, et, jusqu’au milieu du XXème siècle, le racisme sévissait. La population blanche dominait alors, en richesse, ainsi qu’en puissance. La départementalisation de 1946, la généralisation de l’instruction, et le développement économique qui s’est opéré à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, s’accélérant avec les « années Debré » (1963), ont gommé ces disparités et ces préjugés raciaux. Aujourd’hui, le racisme a pratiquement disparu, la prospérité n’est plus l’apanage des blancs : tamouls, cafres, zarabs et chinois se retrouvent parmi les élites et les nantis. Il y a beaucoup de pauvres, mais aussi beaucoup de gens aisés, voire riches, et ce parmi toutes les appartenances ethniques. Les réunionnais ne se comportent plus en fonction de la couleur de peau ou de la religion de l’autre. Cette harmonie raciale et confessionnelle est souvent donnée en exemple par les personnalités qui visitent la Réunion. Ainsi, Jean XXIII, en tournée dans l’Ile, a rendu publiquement hommage à l’esprit de tolérance qu’il a observé sur place.